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LES MONUMENTS RELIGIEUX

SAINT-ETIENNE

Histoire

Merveille de l'art ogival bourguignon. Son origine remonte aux premiers siècles de l'église d'Auxerre. L'évêque Saint-Amatre en jeta les premiers fondements au IVe siècle (aucune trace archéologique), dans la demeure de Rutilius. L'évêque Didier y fit des changements au IXe siècle. L'évêque Hérifrid la fit restaurer en 887 après un incendie. En 918, l'évêque Gaudry perça les cryptes d'ouvertures donnant sur la place de la Cité et son successeur Guy acheva l'entrée de l'église. Un nouvel incendie ayant détruit l'édifice, le même évêque fit reconstruire entièrement la cathédrale en lui donnant la forme d'une croix et plaça les cryptes au dessous. Un troisième incendie l'ayant gravement endommagée, l'évêque Hugues de Chalon la fit restaurer et construisit les cryptes actuelles. L'évêque Guillaume de Seignelay jeta les fodements de l'actuelle cathédrale en 1215. La dédicasse eut lieu en 1334 . On sculptait l'imagerie du grand portail en 1397. En 1415, l'évêque des Essarts commença la construction du portail nord du transept. Cette partie de l'église ne fut achevée qu'au début du XVIe siècle. Les fondements de la tour nord du grand portail commençèrent à partir de l'an 1500 et celle du sud, qui avait été longtemps la seule, fut démolie et reconstruite en partie dans le style de l'autre. Les guerres de Religion en arrêtèrent l'achèvement et la laissèrent dans l'état qu'elle présente aujourd'hui.
Transformée en "Temple de la Raison" à la Révolution, l'édifice fut ensuite restauré, dans la seconde moitié du XIXe siècle, par le célèbre architecte Viollet-le-Duc. Mais la réorganisation des circonscriptions religieuses exécutée à cette époque opéra la fusion des diocèses de Sens et d'Auxerre. Aussi l'édifice auxerrois n'est-il plus cathédrale au profit de Sens dont le titulaire porte cependant, par respect de la tradition historique, le double titre d'archevêque de Sens-évêque d'Auxerre.

Principales phases de la construction gothique:

 * XIIIe s. :

- choeur (1215-1220) et vitraux (vers 1220-1230)
- amorce des transepts
- premier niveau de la façade occidentale (portails Sud, Centre puis Nord).

 * XIVe s. :

- transept Sud (avant 1358)
- nef et chapelles latérales (de 1308 aux environs de 1350) - tour Nord de façade

 * XVe s. :

- voûtement de la nef
- transept Nord
- tour Nord de façade (suite)

 * XVIe s. :

- achèvement du transept Nord (vers 1528)
- achèvement de la tour Nord de façade (1543).

  

Visite interieur

Dès l'entrée s'impose au visiteur l'impression d'unité de l'édifice, et ce malgré les écarts chronologiques entre le choeur (début XIIIe s.) et la nef (XlVe-XVe s.) Cela tient au fait que les constructeurs ont appliqué à l'ensemble de l'édifice le parti de l'élévation dite "temaire" (trois niveaux): grandes arcatures, triforium (étroite galerie à fines arcatures) et enfin grandes baies supérieures (verrières). De plus, choeur et nef ont été édifiés à même hauteur sous voûte (34 m).

 Cependant, le choeur, espace sacré par excellence, attire d'emblée le regard; tout y concoure habilement, et c'est le grand mérite des l'architectes, anonymes de l'époque médiévale que de nous y attirer par une savante composition qui joue des lumières, des lignes de force et des espaces ; ainsi, au-delà de l'apparente unité de l'édifice, une série de "signes architecturaux" subtils entraîne le fidèle, le visiteur, de l'Ouest profane à l'Orient resplendissant (comme la plupart des édifices chrétiens, la cathédrale est orientée vers l'Est, du côté du soleil levant, figure symbolique du Christ ressuscité).

- la nef n'est qu' une longue répétition de travées uniformes; c'est donc un espace quasi "neutralisé", et dont le triforium, de faible proportion et assez massif, contraste avec celui, élégant et dynamique, du choeur; pénétrant du côté Nord ou Sud, la lumière est ici subtilement et parcimonieusement diffusée, par les vitraux des bas-côtés et par les grandes verrières hautes de la nef (figures de saints, XV-XVIe siècles).

  - le large transept marque le passage de l'espace des fidèles à celui, sacré, du clergé et de la Divinité; les splendides verrières du XVIe siècle inondent d'une lumière bleue (vitrail de la Vierge au Nord) et jaune (vitrail de Dieu le Père au Sud). La séparation nef-choeur est accentuée par la présence d'une grande grille de fer forgée à dorures qui remplace depuis le XVIIIe siècle l'ancien jubé édifié à la Renaissance à l'emplacement d'un jubé primitif

 - édifié entre 1215 et 1220, le choeur est le chef-d'oeuvre de l'architecture gothique auxerroise. Sa conception, novatrice et audacieuse, repose sur plusieurs principes :

 * mise en valeur des lignes verticales : faisceaux de fines colonnettes ininterrompues depuis les chapiteaux des piliers jusqu'à la naissance des voûtes, élégance du haut triforium. Colonnes monolithiques du sanctuaire (extrémité orientale du choeur).

 * effacement des murs au profit des structures verticales (piles, piliers, colonnes et colonnettes) puis, au sommet, des baies vitrées : c'est l'application poussée du principe du "mur évidé", bâti en retrait, et duquel se détache la fine ossature de l'édifice. En découle une réelle impression de légèreté et de grâce.

 * prédilection pour la lumière qui inonde le sanctuaire : en premier lieu, l'absence de chapelles rayonnantes dans le déambulatoire permit d'y réaliser un véritable "mur de lumière" continu qui enserre l'espace sacré: malgré les dommages subis au cours du sac protestant de 1567, les trente -deux grandes verrières du Xllle siècle, qui comptent parmi les plus belles et les plus importantes de France forment, une tenture lumineuse où dominent les bleus profonds et les rouges éclatants. Grouillante de vie, elle raconte les tribulations, le martyre et les miracles de nombreux saints. En second lieu, l'emploi de vastes plages de verres incolores dans les verrières supérieures (lancettes et roses) permet à la lumière matinale d'inonder majestueusement le sanctuaire.

* La lumière du choeur capte d'autant plus le regard que celui-ci est en quelque sorte conduit par le rythme des piliers qui s'amincissent progressivement vers l'Est pour aboutir aux colonnes monolithiques du sanctuaire qui enserrent le maître-autel du XVIIIe siècle comme un écrin. Le triforium s'affine aussi, passant de quatre à trois lancettes. Au-delà, l'oeil se pose sur les deux minces colonnettes aux graciles chapiteaux feuillus qui marquent l'entrée de la chapelle axiale consacrée à la Vierge. Pur chef-d'oeuvre de légèreté dont la voûte délicate reposant sur de fins supports semble gonflée d'un souffle invisible, elle est baignée de la lumière des grands vitraux à dominante rouge consacrés à la vie de Marie (Xllle, restaurés XIXe siècle). L'une des verrières Nord représente clerc nommé Hurricus agenouillée aux pieds d'une Vierge à L'Enfant à qui il offre un vitrail. Au Sud, un autre clerc fait un don sirfiilaire à saint Etienne.

  

C'est en s'en retournant vers la nef que l'on peut admirer la grande rose occidentale au revers de la façade: Dieu le Père règne au centre du concert céleste de la cour du paradis (anges musiciens et saints). Comme celles des transepts, elle date du début du XVIe siècle et témoigne des travaux exécutés sous le brillant épiscopat des Dinteville, François ler (rose Nord, vers 1528) et François II (roses Sud et Ouest, vers 1550).

Dispersées dans la cathédrale, d'autres oeuvres méritent l'attention; on retiendra tout particulièrement :

- le sarcophage de saint Vigile, évêque d'Auxerre au VIIe siècle (cuve et couvercle en pierre à décor de stries, époque mérovingienne) (bas-côté Nord).

-la peinture sur bois illustrant la lapidation de saint Etienne. Datée

de 1550, elle fut parfois (à tort semble-t-il) attribué à Félix Chrétien, chanoine de la cathédrale. Préciosité et maniérisme de la Renaissance caractérisent cette oeuvre certainement réalisée dans le cercle de l'évêque François II Dinteville.

(déambulatoire Nord).

- la peinture murale représentant saint Jean-Baptiste qui désigne l'Agneau de Dieu, et saint Pierre vêtu en évêque (pape ?), les clefs à la main. Réalisées au XVIe siècle, ces deux grandes figures placées sous des arcatures en pierre donnent l'illusion de statues disposées dans des niches. (transept Sud).

- le texte latin gravé sur bois (XVIe siècle, restauré) témoignant des importants travaux de restauration entrepris après le sac protestant de 1567 par le grand humaniste Jacques Amyot, évêque d'Auxerre de 1571 à 1573. Traducteur de Plutarque, il fut précepteur des enfants d'Henri II. Son buste orne l'un des piliers Nord du choeur.

Visite extérieure

Fier édifice dont la masse domine les vieux quartiers d'Auxerre et surplombe les rives de l'Yonne, la cathédrale Saint-Etienne est aujourd'hui le vestige quasi unique d'un grand ensemble de bâtiments qui lui étaient rattachés et formaient au sein de la ville médiévale une véritable " cité épiscopale ", pendant religieux du quartier comtal tout proche (secteur de l'actuelle mairie).

Bien que mutilés au cours de Guerres de Religion (XVIE siècle), les trois portails occidentaux conservent un ensemble de bas-reliefs gothiques de très belle facture dont l'ordonnancement répond précisément à un véritable " programme " narratif et théologique : brillante synthèse de l'histoire du monde depuis la Création divine jusqu'à la fin des temps (Jugement Dernier) en passant par l'Incarnation (le Christ fait homme), c'est en réalité l'histoire biblique de l'Alliance, du péché et du Salut qui se déroule sous nos yeux :

 * Portail Nord:

- Bas-reliefs: la Création, le péché originel, Cain et Abel. L'arche de Noé, marque la première alliance entre Dieu et les hommes.
- Tympan: couronnement de la Vierge par le Christ: nouvelle Eve, Marie, rachète l'humanité.

 * Portail Sud:

- Bas-reliefs: David, roi du peuple élu (Israël) retombe dans le péché (histoire de Bethsabée)
- Tympan: vie de saint Jean-Baptiste, précurseur du Christ dont il annonce le sacrifice.

* Portail central:

- Bas-reliefs : tribulations de Joseph (triomphe du juste persécuté), parabole du Fils Prodigue (miséricorde divine pour le pécheur repenti).
- Tympan: le Christ triomphant à la fin des temps: le Souverain Juge trône entouré de la cour céleste des anges et des saints. Résurrection des morts et Jugement dernier.
- Sur les montants du grand portail : parabole des Vierges folles et des Vierges sages.

 Ce parcours qui embrasse Ancien et Nouveau Testaments (dont l'Apocalypse) se voit complété aux portails des transepts Nord et Sud, par deux grandes figures historiques de l'Eglise:

 - Au Sud se déroule la vie de saint Etienne, premier martyr du christianisme et patron d'Auxerre. C'est l'origine de l'Eglise universelle (Jérusalem).

 - Au Nord, face à la célèbre abbaye bénédictine qui veille sur son tombeau, saint Germain, évêque d'Auxerre (Ve s.) et premier saint local Ilustre la gloire antique de l'Eglise locale.

Les cryptes

Elles occupent toute l'étendue du choeur de la cathédrale. Contrairement à celles de Saint-Germain, elles n'ont jamais servi de nécropole, mais sont d'une majestieuse splendeur.
La Chapelle de la trinité, dans le fond des cryptes, est couverte de fresques remarquables datant du XIe siècle. La plus belle et la plus énigmatique figure le
Christ à cheval, représentation unique au monde.