MADAGASCAR



PRESENTATION

RECITS

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LIENS

Cette page conviendra à tous ceux qui cherchent un endroit sympa dans une ville
A travers ce parcours vous aurez une vision plus précise des paysages propres à ces régions, de la vie quotidienne à Mada, et des moeurs malgaches dans son rapport avec la mort et l'au-dela

MORONDAVE
(Sud-ouest de l'île. 30° toute l'année. Pluies très rares)

Le plan de Morondave se présente en forme de T : Une voie principale, perpendiculaire à la mer, où les maisons rappellent le temps de la colonie et où les trous dans la route rappellent qu'il y a encore un peu de bitume. Les commerçants y vendent leurs produits et le zoma (marché) prend pied dans la rue. La voie parallèle à la mer, elle, est plus calme, avec ses habitats typiques (en bois), un chemin en sable, et un contact plus facile avec les habitants. La partie gauche du T est particulièrement agréable avec ses bungalows sur la plage... Bref, c'est un bon coin pour se croire isolé de la ville tout en étant à 1Km seulement du marché. Sur ce parcours, que l'on fait alors plusieurs fois par jour, on s'habitue bien vite au décor ; quelques endroits on ainsi retenu mon attention :

-Si vous aimez les cases spacieuses, au bord de la mer et avec salle de bain, allez a l'hôtel les Philaos : l'intérêt de ce décor est de voir les pirogues Veso (ethnie de pêcheurs itinérants) revenir du large à la tombée du jour, baignant dans la lueur rouge du soleil qui se couche derrière des dizaines de voiles. Vous trouverez presque en face de cet hôtel un restaurent...où Nicolas Hulot a mit les pieds ! En effet, les patrons sont des fous de moto, de voltige et autres sports à sensation (d'ailleurs on vous proposera de faire les Tsing en avion). Le second intérêt de cet endroit est la nourriture ; et oui, on y mange très bien (émincé de zébu au miel et au gingembre... je ne vous dis que ça). Cependant pour l'ambiance, c'est pas vraiment top, je vous conseil donc plutôt :
-L'Oasis. Patron et serveurs très sympathiques dans ce restau-bistrot-hôtel. On y mange également très bien et les bungalows sont discrets, en bois, entourés de verdure et de plantes exotiques... ce qui me fait plus penser à la Jérusalem céleste qu'à Aubervillier.
Ici, vous aurez peut-être la chance de rencontrer un Karana (pakistanais), IKBAL Kamis, qui vous conduira dans sa "gargote de nuit" (dans les environs de la ville) où musique malgache et ambiance locale n'en finissent plus. Pour ceux qui n'ont pas pu s'y rendre, allez faire un tour à la boite de nuit locale (400m de l'Oasis). Dans cette structure en bois au bord de la mer, là encore on est bien loin du Queens et du Styliss.
-C'est aussi sur ce même chemin que vous rencontrerez sûrement le pêcheur Gilbert (d'Ankimoun). Ses particularités : il se croit le plus grand pêcheur de la région et surtout il pêche les... requins ! (et tout ça en pirogue). Il vous racontera ses aventures tout en essayant de vous vendre certaines curiosités marines : Corail noir, hippocampe, ou encore rostre de requin scie (ceux qui font plus d'1m20 de haut sont vraiment très impressionnants).

Mais une fois que l'on a un pied-à-terre sur ce parcours et que l'on répond "bonjour" à tous les habitués de ce lieu, on peut s'aventurer dans les contrées plus profondes.
-La première étape sera une simple ballade sur la plage. Depuis l'hôtel des Philaos, prenez à gauche jusqu'à l'embouchure de la rivière (environ 1Km) ; Demandez alors à un piroguier Veso de retour cher lui de vous faire traverser (gratuitement bien sur); et balladez vous sur le sable fin de l'autre côté. Là, vous serez à peu près tout seul à contempler la mer, ses bateaux et la côte de Morondave. Si toutefois cela ne vous suffit pas, vous pouvez vous rendre jusqu'au village voisin. Bref, c'est une balade sympa qui vous prend quelques heures seulement et qui vous fait rencontrer une population plus typique.
-La deuxième étape est d'une beauté sans nom, elle est donc mentionnée dans tous les guides : se sont les
Baobabs. Cependant il existe plusieurs façons pour y accéder : demander à un taxi de vous y conduire (tous connaissent la route mais n'oubliez pas de les informer de votre curiosité : il vous emmènera voir un serpent sacré), ou bien y aller par ses propres moyens en louant un quad : poussière plein la figure, moucherons pleins les yeux, bosses sur la piste parfois fatales... mais quel souvenir ! en effet on y voit des centaines de baobabs de toute sorte encerclant des lacs dans lesquels ils puisent leurs ressources. Ces baobabs se font aussi les gardiens des nombreux tombeaux Sakalaves (ethnie de l'Ouest) qui vous guideront lors de votre périple.
Cette sortie à aussi son aboutissement : un village de brousse très chaleureux. Mais le moment le plus magique est sûrement celui du retour, où les voiles des pirogues Veso sont ici remplacées par ces géants de la terre pour faire honneur au coucher du soleil : florilège de couleurs et de parfums à l'écart de tout.
-La troisième étape vous emmènera dans une initiation au monde surnaturel qui se cache derrière ce voile qu'est la société malgache, tout comme la voile de la pirogue cache le soleil.
Il s'agit ici de comprendre les superstitions des malgaches et leur rencontre avec le monde invisible à travers les cérémonies de Tromba. Parmis toutes les personnes rencontrées en ville, faites connaître votre volonté de participer à une de ces séances et on vous y conduira. Toutefois faites bien la différence entre le vrai et le faux sorcier. Le vrai n'habite pas en centre ville et ne vous demandera jamais de l'argent ; il faudra quelques heures de
taxi-brousse et de marche à pied pour y accéder, et un peu de rhum lui suffira (il est destiné aux ancêtres et non pour lui).
Lors de ce rite, le sorcier appel un de ses ancêtres pour prendre place dans son corps et s'en servir pour exprimer ses pensées et ses sentiments. Les locaux ont recours à ces procédés pour guérir d'une maladie ou pour résoudre leurs malheurs.

TULEAR
(sud de l'île. 30°c toute l'année. Pluies très rares)

Cinquième ville malgache avec plus de 200 000 habitants, Tuléar présente une architecture coloniale dans le centre de la ville (environ 1Km de diamètre) ; aussi les habitations en tôle dans les faubourgs remplacent les maisons traditionnelles en bois.
Au premier aspect cette ville n'a donc rien d'enthousiasment... et pourtant ! Un
zoma (marché) important au coeur de la ville, de larges avenues bordées de palmiers, de flamboyants et de tamariniers, la mer ou encore les pousse-pousse donnent un côté exotique et une ambiance unique à cette ville.
Voir le
plan.

Notre parcours à Tuléar commence là où se termine votre trajet en taxi-brousse, c'est à dire à la gare routière. Le flux important de voyageurs a donné naissance à toute une série de petits commerces liés à cette activité (hôtels rustiques, garagistes, alimentation rapide...). Mais 200m plus loin, Alain nous plonge dans le calme et la volupté tropicale avec son hotel-restaurent (chez Alain). Il figure depuis quelques temps déjà dans tous les guides de voyages, vous trouverez donc parfois des Vazahas en nombre -un peu trop- important, mais le charme prédomine : patron sympa, serveurs sympa, cadre agréable, musique malgache certains soirs... bref tous les ingrédients sont réunis pour faire une bonne "recette". Il faut donc sauter sur cette occasion (pensez même à réserver avant. tel: 9441527), d'autant plus que le principal problème de cette ville, se sont justement les hôtels : ils sont laids et mal entretenus et les quelques autre sont au contraire trop récent et trop beau ; il n'y a alors plus rien de malgache et les prix sont multipliés par dix.
Les bons hôtels se comptent donc sur les doigts d'une main : mis à part chez Alain j'ai apprécié deux autres hôtels, Les bougainvilliers, et le refuge.

Une fois installé, que faire ? En fait pas grand chose si ce n'est flâner... et c'est déjà beaucoup : déguster des fruits de mer à la terrasse des réstaurents du boulevard Lyautey en regardant les goélettes glisser sur la ligne d'horizon, ce n'est pas faire grand chose, et pourtant... Aussi vous devrez compter par exemple une demi-journée si vous voulez passer à la banque et à la poste ! et pour peu que vous vouliez passer en plus un coup de fil en France, ce sera la journée qu'il vous faudra.
Mais vous pouvez aussi découvrir :
-
La Grande Mosquée de la rue Gambetta et le cimetière musulman d'Anketa, qui rappellent que la plupart des commerces sont tenus par des indiens.
-le marché avec ses nombreuses odeurs (des fruits exotiques à la
viande de zébu au soleil) et ses petits métiers (coiffeurs très locaux, réparateurs de briquets jetables, de montres ; mais c'est le fabriquent de sandales à partir de pneus de voiture qui a retenu le plus mon attention).
-Le marché aux coquillages (et il y en a de très gros) avec ses curiosités : oeufs d'Aepyornis (prononcer epèrnisse), qui sont les plus gros oeufs du monde avec leurs 50cm de haut environ et leurs contenances de 7 à 9 litres ; des dents de requins (petites, grandes ou fossilisées) ; des statues malgaches (certaines ont même plus de 50ans !) ; des colliers faits de graines de Baobabs... et vous aurez droit bien sur aux fameux "assète meussieur" (achète monsieur) et "assète madamme" (ce marché se situe à l'angle du boulevard Gallieni et de la rue du marché).
-Le musée des arts et traditions du sud malgache qui présente la vie quotidienne, l'artisanat et l'art funéraire des populations mahafaly et sakalava.
-Le musée régional de l'université de Tuléar qui abrite une collection ethnologique et un énorme oeuf d'Aepyornis.

-Le musée de la mer et son aquarium qui abrite un coelacanthe.
-Enfin la poste aussi est une curiosité, pour nous, simples touristes, avec ses machines à écrire, ses brillants coups de tampons et sa colle pour poser le timbre (je ne vous en dit pas plus).

Le soir, vous aurez un grand choix de sortie :
-Pour l'apéro, deux
gargotes : au clair de lune et chez Mamode... Très local. Vous ne passerez pas inaperçus dans ces endroits où il n'y a que très rarement des Vazahas. Vous trouverez même encore quelques malgaches qui versent contre le comptoir la première goutte de rhum qui, par tradition, est destinée aux ancêtres.
-Parmis le grand choix de restau, trois ont retenu mon attention : le Chinois "au panda" (près du "glace des as") pour ses curiosités et manger des cuisses de nymphes ou encore de la roussette (chauve-souris)... avec ses ailes ! ; L'Italien (près de la deuxieme gargotte) pour déguster de bons plats bien cuisinés (mais forcément pas trop gache) ; et "chez Tonton" où ce vazaha, ancien prof de français tombé amoureux de Mada, à ouvert sa petite gargote qui fait plus penser à un "boui-boui" gache (malgache) que français... ambiance plutôt bonne.
-Et après... trois endroits sont ouverts jusque tard dans la nuit : La cabane du pêcheur. Café tranquille pour siroter une THB (bière locale) ; un peu plus haut, le commando bar vous fera basculer dans le monde exantrique de Tuléar ; tout ce petit monde se retrouvant vers minuit-une heure au Zaza club, une des boite de nuit les plus réputée du pays.

Mais le plus intéressant, en fait, ne se trouve pas à Tuléar mais aux alentours
-Alain vous proposera une sortie (pas cher) en 4x4 pour se rendre à la "Mangrove" (hôtel du même style que chez Alain). De là, vous pourrez en deux jours (ou plus) découvrir la vie veso (ethnie de pêcheurs itinérants) en toute simplicité.
Au programme :
-Grotte d'eau douce avec un mérou sacré.
-Rencontre avec les
dunes de sable de Sarondrano.
-Visite de la baie de Saint Augustin (37 km au sud de Tuléar). Village près d'un estuaire au pied de hautes falaises où pullulent langoustes bleues, tortues de mer et requins. On peut aussi demander au conseil municipal l'autorisation de visiter l'enceinte sacrée où sont conserver les reliques des ancêtres royaux de la dynastie Tetembola. Le village est un centre de vorombe (culte de possession). Les objets du culte sont conservés dans une petite case laquée de bleu et de blanc qui se dresse au centre de la localité, près du temple protestant.
-De
nosy-ve : îlot corallien chargé d'histoire, ce qui en fait un lieu taboue pour les Malgaches. Vous verrez aussi des oiseaux endémiques (paille en queue à une queue) faisant le bonheur des ornithologues du monde entier.
-D'
Anakao (60 km de Tuléar). Le plus grand village veso, face à nosy-ve. La beauté du lagon, véritable aquarium, a valu à Anakao de devenir un centre de plongée.

-Toujours au sud, mais plus à l'intérieur des terres, vous pourrez découvrir les "7 lacs" d'Ifanato. Ce lieu est très peu fréquenté par les touristes. En effet la route en mauvais état (les passionnés de moto vont donc se régaler) freine beaucoup d'agences de location de 4x4 (aller en face du "glace des as") et aussi la plupart des voyageurs. C'est pourtant la plus agréable à mon goût : avec un bon 4x4 et beaucoup de patience et d'énergie nécessaire pour déplacer les arbres morts qui barrent la piste, on peut faire une extraordinaire randonnée. La piste qui enlace la colline débouche sur un fleuve tapissé de rizières (vue magnifique), puis longe le fleuve et traverse de nombreux petits villages (accueil très sympathique. Pensez à amener bonbons et cigarettes à distribuer). Au terme d'un périple à travers une luxuriante forêt peuplée de lémuriens sauvages, on découvre, en fait, plus de 20 lacs disposés en gradins. Leurs eaux fraîches abritent une végétation tout à fait surréaliste.

-A l'opposé (nord de Tuléar), la RN 9, piste sablonneuse, ouvre à la fois sur le grand tourisme et l'aventure au milieu de la forêt sèche des Mikea (groupe de chasseurs-cueilleurs à 80 km au nord). Pour les moins téméraires, Ifaty (qui veut pourtant dire "au cadavre"), à 26 km de Tuléar, comblera les adeptes de sports nautiques. Ce village (fréquenté par les touristes) est installé face à un vaste lagon sur un site paradisiaque où l'on peut explorer, à moins de 6 m de profondeur, des aquariums d'une rare richesse.


J'ai tenté dans ce bref exposé de vous faire découvrir Madagascar d'une manière différente de ce que l'on peut lire dans les guides, en donnant un récit peut être moins stéréotypé. J'espère que grâce à ces pages, vous serez toujours ou manger, boire, dormir, s'amuser et découvrir des paysages et un style de vie éclectique à travers les piroguiers Veso et les sorciers Sakalava.

Ces deux villes pourront faire l'objet d'un voyage d'une quinzaine de jours : taxi-b de Tana à Morondava (environ 24 heures) ; Morondava (4-5 jours) ; Morondava-Tuléar (taxi-b 24, heures) ; Tuléar (4-5 jours) ; Tuléar-Tana en taxi-b (48 heures avec une étape). Vous pourrez passer les quelques jours qui vous resteront soit à Tana, soit à des villes étapes sur la route Tuléar-Tana (paysages magnifiques).

Enfin si vous voulez découvrir Madagascar à travers quelques ouvrages, je vous conseille :

-Le guide Gallimard pour une approche touristique et culturelle.
-"Tableaux de Madagascar" chez Arthaud, qui est un livre de photographies proposant des commentaires très intéressant sur ce qui touche l'anthropologie et l'univers malgache.
-"mythes et rites Sakalaves" pour ceux qui s'intéresse au monde invisible dans la culture malgache.
-"Histoire de la grande Isle" par Etienne de Flacourt, qui est un des premiers ouvrages à être très documenté et richement illustré sur le pays (17eme siècle).